Historique
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 | | Ville austère et sans rivière, Nîmes n’en est pas moins née sous les auspices de l’eau ! Celle d’une source jaillissant des plateaux des Cévennes, qui incite des Celtes nomades, les Volques récomiques, à se sédentariser sur le site, six siècles avant Jésus-Christ. |
La Maison Carrée | | |
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Avec l’arrivée des Romains, la cité s’étoffe et se pare de grandioses monuments : le Temple de Diane, la Maison Carrée dédiée au culte de l’Empereur, sans oublier un amphithéâtre considéré aujourd’hui comme le mieux conservé du monde romain. Haut lieu de l’Aficion, place tauromachique réputée, Nîmes s’adonne régulièrement au culte du taureau, avec ou sans mise à mort, lors des ferias et autres événements qui scandent la vie de ses habitants tout au long de l’année.
Pour répondre aux besoins des populations et permettre l’alimentation en eau de l’ensemble des quartiers, véritable prouesse technique à l’époque, un aqueduc long de cinquante kilomètres est construit. Des remparts sont élevés. Probablement bâtie par les Celtes, puis renforcée au temps d’Auguste, la Tour Magne en constitue l’un des plus beaux vestiges. De ces enceintes subsitent la Porte d’Auguste qui marquait le kilomètre zéro de la route de Rome et la Porte de France ouvrant la voie domitienne sur l’Espagne. La monnaie, frappée à Nîmes, célèbrait une victoire en Egypte de légionnaires de la colonie nîmoise : en 31 avant J-C, Octave défait à Actium la flotte d’Antoine et Cléopâtre et s’assure la mainmise sur l’empire : César Auguste est né. Cette monnaie est à l’origine des armoiries de la ville : un crocodile enchaîné à un palmier couronné de lauriers et qui symbolise l’Egypte vaincue. L’inscription « Col Nem », colonie nîmoise, laisse à penser que les légionnaires nîmois auraient reçu, en remerciement de leurs bons et loyaux services, les terres nîmoises.
Les conflits religieux ont fait de Nîmes l’une des plus importantes colonies protestantes de France. Au début du XVIe siècle, les idées de la Réforme se sont ici répandues comme une traînée de poudre ! Dans cette région de droit romain écrit, l’accès direct à la Bible, le livre-référent, prôné par la Réforme est immédiat. En 1537, deux réformés nîmois sont suppliciés. François 1er ordonne « d’extirper cette malheureuse secte luthérienne », mais sa sœur, Margueritte de Navarre, amie de Calvin, intercède pour donner à Nîmes une université dirigée par des érudits protestants. Sous le règne du nouveau roi, Henri II, Nîmes s’affirme comme la « petite Genève ». En 1567, des émeutiers protestants pillent les églises (dont la cathédrale Saint-Castor) et massacrent une centaine de catholiques. À partir de 1598, l’édit de Nantes assure la coexistence religieuse alors que les marchants les plus aisés sont principalement des huguenots.
À partir de 1620, les extrémismes refont surface, la cathédrale est de nouveau mise à sac. La révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV en 1685, replonge pour un siècle les Huguenots dans la clandestinité. Les premières assemblées de prières se tiennent hors de la ville, les Protestants français prennent le chemin de l’exil, les persécutions redoublent. En 1702, la guerre des Camisards éclate. Pendant deux ans, 2000 paysans cévenols tiennent tête aux soldats du Roi. Celui-ci négocie la reddition des insurgés en 1704. Puis s’ouvre une période de tolérance sanctionnée par un édit en 1787. La Révolution marquera d’une certaine façon la victoire des Protestants nîmois qui, sensibles au cartésianisme et à l’esprit des Lumières, ont patiemment enrichi la ville et lui ont donné l’esprit critique qui la caractérise.
Sous le règne de Louis XIV, les fabricants de tissu font la fortune de la ville. Le blue-jean, le pantalon des pionniers du Far-West en toile Denim, est né… à Nîmes ! Dés le Moyen Age, cette serge souple et résistante, est exporté dans toute l’Europe pour des utilisations multiples : voiles de navires, bâches, pantalons et uniformes pour les marins de Gênes. Vers 1870, Levi Strauss, un émigrant bavarois aux Etats-Unis, l’adapte à la dure vie des conquérants de l‘Ouest. De Nîmes à l’appellation Denim, de Gênes à Jeans, le blue-jean part à l’assaut du nouveau monde !
En 1745, l’ingénieur Jean-Baptiste Maréschal entreprend de grands travaux autour de la source fondatrice ; travaux qui aboutissent à l’une des plus belles promenades d’Europe avec l’aménagement des jardins de la Fontaine.
Au milieu du XIXe siècle, la construction de la ligne de chemin de fer reliant Nîmes à Montpellier déplace le centre de gravité de l’agglomération vers le Sud-Est. La large avenue Feuchères est construite pour relier la gare au centre. Sur l’Esplanade aménagée deux siècles plus tôt, une fontaine est inaugurée. James Pradier sculpte une allégorie de la ville : une femme coiffée de la Maison Carrée trône au-dessus de quatre personnages symbolisant la source de Nemausus, celle de l’Eure qui alimentait la ville romaine, le Gardon et le Rhône.
La place d’Assas aménagée dans les années 80 par le plasticien Martial Raysse, a su elle aussi rendre un tribut à l’eau fondatrice. Car, moderne et antique toute à la fois, Nîmes fait figurer avec brio l’art et l’architecture de notre temps en son sein et marie audace novatrice et patrimoine. Une simple ballade dans le vieux Nîmes permet au promeneur de conjuguer passé et présent à chaque coin de rue … Le théâtre, le Musée des Beaux-Arts, Nemausus (ensemble de logements futuristes), et surtout Carré d’Art illustrent parfaitement ce partis-pris nîmois de rénover ou d’intégrer œuvres et constructions modernes dans un tissu urbain bimillénaire. Sir Norman Foster, Jean-Michel Wilmotte, Martial Raysse, Kisho Kurokawa, Jean Nouvel, Claude Viallat et bien d’autres artistes réputés ont su modeler la ville nouvelle en respectant sans dénaturer l’héritage du passé.
Aujourd’hui, la ville s’étend progressivement vers le Sud-Est. Très attachée à sa qualité de vie et à son environnement, cité touristique par excellence mais aussi universitaire, « nouvelle destination des entrepreneurs » et pôle national reconnu en matière de nouvelles technologies, Nîmes prépare son avenir avec sérénité au sein de la Communauté d’Agglomération de Nîmes Métropole.
Monuments et découvertes
Les arènes :
Construit à la fin du premier siècle après J-C, l’amphithéâtre de Nîmes mesure environ 133 mètres de long et 101 mètres de larges. La façade, haute de 21 mètres, est composée de deux niveaux de 60 arcades chacun. À l’intérieur, plus de 20 000 spectateurs pouvaient assister aux combats d’animaux et de gladiateurs.
Aujourd’hui, les arènes se transforment régulièrement en une magnifique salle de spectacle où artistes nationaux et internationaux viennent régulièrement se produire. Elles constituent de même le cœur battant des ferias de Nîmes, où l’âme ibérique de la ville plane lors de corridas magnifiques réunissant des milliers aficionados venus du monde entier.
La Maison Carrée :
Emblème de la Ville, construit au 1er siècle, ce temple dominait le forum de la ville antique. Dédiée à Caius et Lucius césar, petits-fils et fils adoptifs de l’Empereur Auguste, la Maison Carrée est le seul temple du monde antique complètement conservé.
Carré d’Art :
Face à la Maison Carrée, conçu par le célèbre architecte Sir Norman Foster, le Carré d’Art regroupe une bibliothèque de plusieurs milliers d’ouvrages, une bibliothèque sonore, une médiathèque et un musée d’art contemporain. La collection réunie comprend près de 370 œuvres et offre un panorama de la création contemporaine des années soixante à nos jours.
Tél. : 04 66 76 35 35
Les Jardins de la Fontaine :
Aménagés au XVIIIe siècle, ils constituent l’un des premiers jardins publics d’Europe. Respectant le plan du sanctuaire antique autour de la source fondatrice de la ville, J-P Maréschal et G. Dardailhon ont dessiné un jardin à la française des plus remarquables où sont actuellement rassemblées de nombreuses espèces méditerranéennes.
Dans sa partie basse, se dresse le temple de Diane. C’est le monument le plus énigmatique de Nîmes. Certainement associé au sanctuaire impérial, sa fonction exacte reste encore inconnue.
La Tour Magne domine les jardins. Octogonale, la plus haute et la plus prestigieuse des tours de l’enceinte romaine se composait de 3 niveaux au-dessus d’un soubassement. Aujourd’hui, le dernier étage a disparu et elle s’élève à une hauteur d’environ 32 mètres au-dessus de son écrin de verdure. Par beau temps, elle constitue un magnifique point de vue permettant d’apercevoir le Mont Ventoux, les Alpilles, la plaine du Vistre, sans oublier la garrigue avoisinante.
Les jardins de la Fontaine
Le Castellum :
Ce bassin de distribution d’eau arrivant d’Uzès via le remarquable Pont du Gard est unique. De ce bassin circulaire (5,90 mètres de diamètre – 1,40 mètre de profondeur) taillé dans le roc, des canalisations en plomb acheminaient l’eau vers les monuments, les fontaines et les différents quartiers de la cité antique.
Le Musée des Beaux-Arts :
Construit en 1907, il a été réaménagé en 1986-1987 par l’architecte Jean-Michel Wilmotte. Le musée abrite, outre de nombreuses peintures françaises, flamandes et hollandaises, des œuvres italiennes des XVI et XVIIe siècles, et une collection remarquable de peintures françaises des XVIIIe et XIXe siècles.
Tél. : 04 66 67 38 21
Le Musée du Vieux Nîmes :
Il est installé dans l’ancien palais épiscopal qui date de la fin du XVIIe siècle. Les collections offrent au visiteur un voyage dans le temps et présentent la vie à Nîmes depuis la fin du Moyen Age.
Tél. : 04 66 76 73 70
Le Musée des Cultures Taurines :
Inauguré en mai 2002, ce lieu unique en France permet de découvrir une culture vivante qui perdure depuis l’Antiquité autour du culte du taureau, et offre un véritable panel des traditions régionales et internationales.
Tél. : 04 66 36 83 77
Le Musée archéologique :
Installé dans un ancien collège des Jésuites, il présente des collections de l’âge de fer à l’époque gallo-romaine. Céramiques sigillées, vaisselles en bronze, parures, objets artisanaux, collections d’inscriptions latines et verreries romaines.
Tél. : 04 66 76 74 80
Le Museum d’histoires naturelles :
Créé en 1892, il abrite des collections relevant des domaines des sciences de la nature et des sciences de l’Homme.
Tél. : 04 66 76 73 45
La Chapelle des Jésuites :
Datant du XVIIe siècle et classée au titre des monuments historiques, elle accueille aujourd’hui des expositions temporaires et des manifestations culturelles.